30 octobre 2009
la torture, toujours
A l'origine de ce billet, l'exposition de la fnca visible en ligne http://www.fnaca.org/page.asp?IDPAGE=326/A>.
La FNACA est une associations d'anciens combattants d'Algérie très active en France, qui fait beaucoup d'événements autour de la mémoire de la guerre, organise des rencontres, se déplace dans les écoles, etc. Quand une amie a proposé d'aller voir cette expo pour savoir quel regard offrait la FNACA sur la guerre d'Algérie et quel récit elle en fait, il y a eu des réactions très vives autour de nous.

Le 8 mai dernier, la FNACA a participé à une commémoration du 8 mai 1945, en invitant les enfants des écoles à chanter la Marseillaise devant le Monument aux morts. Des amis ont alors refusé que leur enfant, qui est français par son père et algérien par sa mère, participe à l'événement. Ils ont parlé à l'institutrice médusée de ce que signifiait pour eux, le 8 mai 1945. Pour les algériens, cette date n'a pas du tout la même signification quer pour les français, ce n'est pas la fin de la guerre mais plutôt le début d'une autre. L'institutrice ne connaissait pas cette histoire.
Ce n'était pas évident d'aller visiter cette expo sans préjugés, mais nereculant devant rien, j'ai voulu aller regarder avec le plus d'objectivité possible.

L'exposition était composée de panneaux - un panneau par année de guerre, et des panneaux thématiquessur des points précis de la guerre (les conditions de vie des appelés, par exemple, les porteurs de valise, la torture...)
Il m'a semblé que la FNACA tentait une approche objective du conflit au travers de ces panneaux... je guettais les choses choquantes et j'ai bien sur trouvé quelques perles (Messali Hadj, "cet extrémiste nationaliste")... En regardant dans le détail, j'ai vu citer Maurice Audin, Henri Alleg, Mouloud Feraoun, que je craignais de voir oublier. Dans l'ensemble, le propos aborde certains faits importants de façon un peu "légère", mais à la rigueur, on ne peut pas tout aborder sur une vingtaine de panneaux si on veut rester pédagogiques et lisibles, soit...
En plus de l'expo, et plus sobrement installée, des panneaux montraient les activités de l'association : ses bonnes oeuvres, ses voyages, ses engagements.
Mélange curieux entre l'exposition, avec ses infos historiquement avérées (bien que, comme je l'ai dit, il y a des choses abordées de façon légère...) et la présentation de la FNACA : visite des monuments aux morts de 14-18, 39-45, jumelage avec la ville d'Oradour sur Glane, visite de camps de concentration et de lieux attachées à la Résistance... saluts aux drapeaux, commémorations, appel à faire reconnaître officiellement le 19 mars 62 comme journée nationale au même titre que le 8 mai ou le 11 novembre... revendications pour les veuves des appelés ou les anciens qui réclament leurs pensions de guerre.
Grand malaise de ne pas trouver de point de vue algérien sur la guerre, tout est vu définitivement d'un seul côté, même si les acteurs du côté algérien sont cités. -poliment, dirais-je...
Je rencontre T sur place, copain de copain et correspondant d'un journal algérien.
Nous entrons en discussion avec un ancien combattant ravi de discuter avec des jeunes. Il nous raconte assez rapidement avoir participé à des actes de torture en tant qu'appelé. Paradoxalement, il tient un discours pacifiste qui met en accusation les politiques de l'époque; ses actes sont à mettre au compte des horreurs de la guerre au même titre que les bombardements, le Napalm et les attentats. Si il regrette? Bien sûr, mais que faire? T: "Vous excuser par exemple". -"Auprès de qui?"-"Et bien auprès des gens que vous avez torturés ou de leurs familles"
T lui fait aussi remarquer (avant de s’éclipser car il y a dans cette conversation quelque chose de profondément indécent…) que d'anciens appelés ont choisi d'autres façons de regretter que d’être à la FNACA, en versant leur pension d'anciens militaires à des associations en Algérie par exemple.
Je suis gênée par la façon très spontanée dont il tutoie T. Je me détends un peu quand je constate qu'il fait pareil avec moi.
Je tente de maitriser mon émotion (de me trouver devant un tortionnaire…) et poursuis la conversation. Le vieux monsieur évoque la guerre comme une belle saloperie qui aurait pu être évitée si les politiques s’étaient mis autour d’une table pour discuter avant l’internationalisation du conflit en 1960, lorsque le GPRA a porté le conflit à l’ONU. Il aurait déjà fallu que toutes les tentatives qui ont été faites du côté algérien pour se faire reconnaître politiquement aient été écoutées…. "7 années de guerre pour en venir au même point : les algériens devaiet avoir l'indépendance de toute façon". Il déplore que le Maroc et la Tunisie aient obtenu rapidement leur indépendance alors que cela n’a pu être le cas en Algérie.« Il y avait le pétrole. On a été envoyés là bas pour défendre les intérêts de quelques uns. »
La conversation revient fatalement sur la torture : je ne peux me résoudre à comprendre comment cet homme, qui est là, devant moi, peut tenir des propos pacifistes dans lesquels je me reconnais en partie et avoir commis ça. « Je n’en suis pas fier, mais je n’en ai pas honte non plus. Vous me posez la question alors je vous réponds, je ne vous mens pas. J’ai été au service des renseignements, on m’avait mis là. J’ai participé à trois interrogatoires. Je suis parti dès que j’ai pu pour ne pas avoir à en faire d’autres. Ce n’était pas beau à voir. » Il me parle de ses enfants. « Longtemps je ne leur ai jamais parlé de la guerre. »
- « Ils le savent vos enfants que vous avez torturé ? »
-« Oui, ils le savent. »
« J’étais de l’Assistance. Ma mère adoptive était communiste, elle a hébergé des juifs, des espagnols pendant la guerre. »
- "Comment avez-vous pu, avec cet héritage là, faire ce que vous avez fait??"
- « Quand je suis parti, j’étais un jeune con de 20 ans, je ne connaissais rien, on me donnait des ordres et il fallait obéir. Si vous n’obéissiez pas, c’était des mesures disciplinaires, 2 ans de plus à passer dans l’armée, mais au trou. On faisait ce qu’on nous demandait de faire. »
Il voit que je prends des notes et me propose, si je travaille dans l’Education, (je n’y travaille plus) d’inviter la FNACA pour parler de la guerre aux jeunes. Je lui dis que je le ferai volontiers à condition d’avoir le témoignage d’un algérien qui donnera sa version de l’histoire dans le même temps. Il n’est pas contre. Je lui dis, pour me libérer de son insistance, que je vais y réfléchir. « Ne réfléchissez pas trop longtemps. Moi j’ai mis 40 ans pour réfléchir…»
24 octobre 2009
un bien goret

23 octobre 2009
encore un effort...

ce gif est un petit cadeau pour mon ami blogueur CSP...
Son billet sur les paysans m'a presque tiré les larmes...
22 octobre 2009
jogging
http://www.deezer.com/listen-3368906

changement d'heure ce week end
qu'est-ce qu'on s'amuse avec les gif!...

21 octobre 2009
hi hi hi

je savais pas qu'on pouvait faire des animations sur photoshop... en voilà une bonne nouvelle!!
merci Mouna
09 octobre 2009
PARIS FOOT GAY
Voici une petite dépêche parue dans LIBE :
Dimanche, les joueurs du Paris Foot Gay ont été contraints de laisser crampons et maillots dans le sac. L’équipe adverse, le Créteil Bébel, qu’ils devaient rencontrer pour un match de Coupe Foot Loisir a refusé la veille de disputer la partie pour une raison de «principes». Des «principes» exprimés via un simple mail.
«Désolé, mais par rapport au nom de votre équipe et conformément aux principes de notre équipe, qui est une équipe de musulmans pratiquants, nous ne pouvons jouer contre vous, nos convictions sont de loin plus importantes qu’un simple match de foot, encore une fois excusez-nous de vous avoir prévenus si tard».
Le ton est cordial. Pris dans le contexte, il en devient froid et glacial. «C’est violent. C’est d’autant plus choquant que ce n’est pas haineux», explique Pascal Brethes, président et cofondateur de l’association Paris Foot Gay. Depuis sa création en 2003, l’équipe, composée d’hétéros et d’homos, n’a pas connu tel paroxysme. «L’équipe peut être de temps en temps la cible d’actes isolés, d’injures verbales. Mais c’est la première fois que l’on se heurte à un refus. Le Paris Foot Gay n’est pas un club communautariste, c’est d’abord une association qui lutte contre l’homophobie dans le football».
«Le nom Paris Foot Gay provoque un peu, mais ce n’est pas une raison»
«On sent parfois des réticences, que notre projet n’est pas apprécié. Le nom Paris Foot Gay, certes ça provoque un peu, mais ce n’est pas une raison», estime pour sa part Brahim Naït-Balk, entraîneur de l’équipe qui est rattachée à un championnat parallèle à ceux de la Fédération Française de Football. Brahim Naït-Balk est musulman. Dans l’équipe qui l’entraîne se côtoient musulmans, juifs et catholiques. Pour lui, l’argument religieux pour expliquer le refus de jouer contre des homos ne tient pas. «La religion est détournée par les hommes pour aller dans le sens qui les arrange.»
Brahim Naït Balk est aussi l'auteur de "Un homo dans la Cité", livre dans lequel il raconte son calvaire d'homosexuel d'origine maghrébine dans une banlieue de Saint Etienne...
NAturellement ça m'a donné une petite idée de dessin.

02 octobre 2009
jogging

Samedi matin, un peu pluvieux.
Mes baskets, mon pantalon rouge et mon lecteur MP3, comme très souvent depuis quelques 4 mois... Je cours, parce que j'aime ça. Quand j'arrive aux ponts jumeaux, à l'endroit où le parcours devient vraiment agréable (sentier goudronné et grands platanes), des dizaines des centaines de gens courrent dans le sens inverse du mien. C'est un semi marathon, ils ont une étiquette collée sur la poitrine. Dans le dos, les sponsors, AUCHAN, CARREFOUR ou le nom de leur entreprise... Je suis seule à remonter cette marée humaine-soufflante-et-courrante, c'est un peu comme si je pédalais à vélo à côté d'un train en marche... Un vieux regarde le spectacle. Il me jette un oeil ironique : "vous vous trompez de direction! c'est par là qu'il faut aller!!". Comme si je ne le savais pas, que je cours dans le sens inverse de la foule, que je fais l'inverse de ce qu'on attend de moi. Sans le vouloir. Depuis toujours.
21 août 2009
laiteuse et encore petite, sur les bords du canal

en vrai c'est surtout pour explorer la palette graphique...
20 août 2009
l'été
je ne suis pas partie loin en vacances mais j'ai

trouvé une pièce d'or

géré les peines et les pannes de coeur

repris espoir
( merci les amis, les parents, la ville de Nice, le festival de Chaumont...)
18 août 2009


08 août 2009
deuil

il fallait bien qu'un jour cette bouteille redevienne un déchet comme les autres...
qu'elle suive le chemin du casse-bouteilles, avec les canettes et les pots de confiture. Mais putain que c'est difficile...
28 juillet 2009
humeur du jour
Pâle septembre,
comme il est loin,
le temps du ciel sans cendres
il serait temps de s'entendre
sur le nombre de jours qui
jonchent le sol
d'octobre
Mâle si tendre
au début de novembre
devint sourd aux avances de l'amour
mais quel mal me prit
de m'éprendre de lui ?
Sale décembre
comme il est lourd le ciel
sais-tu que les statues de sel
ont cessé de t'attendre ?
Pâle septembre
Entends-tu le glas que je sonne ?
Je t'aime toujours d'amour
je sème l'amour
Les saisons passent mais de grâce
faisons semblant qu'elles nous ressemblent
Mais qui est cet homme qui tombe de la tour ?
Mais qui est cet homme qui tombe des cieux ?
Mais qui est cet homme qui tombe amoureux ?
Pâle septembre,
comme il est loin,
le temps du ciel sans cendres
il serait temps de s'entendre
06 mai 2009
blocage des prisons


23 février 2009
cavale... suite et fin















